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Témoin de mes douleurs amères.
De mon deuil et de mes regrets ; Toi qui me vois écoutant l'heure Qui résonne au lointain beffroi, Et de mon ancienne demeure Cherchant la trace autour de moi ; Toi qui me vois rêvant la place Où mes regards à demi clos Caressaient l'enfant plein de grâce , Endormi sous ses blancs rideaux ; Toi qui fais rayonner dans l'ombre Tous ces fantômes décevants Oui viennent peupler ma nuit sombre, Du passé songes enivrants ; D'où vient que ta lueur sereine Éclate en plus vives splendeurs?
D'où vient donc ta clarté soudaine ?
— Je meurs !
MjC» tamtes ftu Cet^f.
Au bruit lointain du cor, dans un bois séculaire , Des cerfs, tremblants débris d'une peuplade entière
Sons l'abri d'un rocher devisaient tristement :
M Comment soustraire à l'homme , au chasseur sanguinai
M Leur race décimée, et que rien ne défend? »
L'un d'eux prit la parole ; il était vieux et sage : « Contre notre ennemi nous lutterions en vain , » Dit-il ; il a pour lui la ruse et le courage; » Le trépas le devance, et pour guider sa main , » La meute, aux cris sanglants, l'aiguillonne au carnage. » Voulons-nous de la mort voir nos fils préservés? » A la pitié de Ihomme , eh bien ! qu'ils le demandent ! » L'hommeestsensibleaux mauxparlui-mèmeéprouvés; » Il est touché , dit-on , quand des pleurs se répandent ; » Pleurons, s'il nous menace, et nous serons sauvés! »
Depuis ce temps, le cerf a recoiu-s à ce charme ;
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Mais il hfite sa tiiort, qu'il peuse conjurer; Car riionune impitoyable, et que rien ne désarme. liC frappe pour le voir pleurer I
Mj' Autruche et te Pétican (')
Que vous arrive-t-il, et pourquoi tout ce sang? Disait l'autruche au pélican.
(\) Imitée de Robert Dodsley.
Ktes-vous tombé sous la dent
De quelque bête impitoyable?
— Rassurez -vous ; il n'esl rien de semblable: De mes petits j'ai dû calmer la faim ; Je les nourris du sang qui coule de mon sein. — Que m'apprenez-vous là? Quel excès de démence !
Quoi ! subir pareille souffrance !
De votre vie ainsi prodiguer la moitié.
Pour soutenir à la lumière De petits affamés qui viennent sans pitié
Se gorger du sang de leur mère !
C'est un sacrifice odieux !
Que mon exemple vous profite : Sur le sol avec soin je dépose mes œufs; Je les couvre de sable et je pars au plus vite.
Si le hasard veille sur eux ;
Si , par un destin généreux , Homme ou bête en passant ( et c'est le difficile ) »
Ï/V|{K giAlHilKMK. 2:i.1
N'écrase leur coque fragile,
Du soleil la féconde ardeur
ILes protège et les fait éclore ;
De mes petits c'est le couveur ;
Ils grandissent . . , si par bonheur
Le caïman ne les dévore.
Les élever et les nourrir.
Le hasard seul s'en charge encore ;
Doivent-ils vivre ou bien mourir.
Le ciel le sait ; moi , je l'ignore.
— Ainsi, répond le pélican.
Tu méconnais cette loi sainte
De s'immoler pour son enfant.
De tout braver, douleur et crainte ; Tu méconnais ce devoir tout-puissant De souffrir pour sauver, de mourir en aimant !
D'un tel devoir sois oublieuse ; De ton repos, ac(iui:ssi lâchement.
Mon âme n'est pas envieuse ; Quand tu quittes le tien , je meurs pour mon enfant ;
Mais tu ne sais pas , malheureuse , Le bonheur que j'éprouve à voir couler mon sang! »
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