‹ Fables nouvellesChapitre 5 sur 21 · I.IVRK l'HK^IlKn · texte numérisé non relu

I.IVRK l'HK^IlKn

Iris part .. En quel cuin du mundc Ne so dirigea pas «a course vagabonde?

Viiiiis efforls! seule , hélas! il fallut revenir? « Quoi! seule! dil Junon ; corruption profonde! » O [)udeur! ô vertu !... Qu'allons-nous devenir? » — (i J'aurais pu , dit Iris , vous amener, Déesse , » Trois filles sans défaut , sans humaine faiblesse , » Modèles de sévérité, » D'une exemplaire austérité ; » Dont la bouche jamais ne connut le sourire, » Ni le cœur ces combats qu'un fol amour inspire ; » Mais j'arrivais trop tard...» — «Etcommenl?dit Junon;

« Parlez, je ne puis vous comprendre. » — « Mercure, pour Pluton, était venu les prendre. »

— « Que me dites- vous? pour Pluton!

« Trois filles, de sagesse et de vertu pétries! » Qu'en veut il faire?» — «Des Furies. »

Compagnes des humains, d'une sainte union

Ne fuyez point les chastes flammes!

Dieu vous donna pour règle , indulgence et pardon ; Pour richesse et pour gloire , un cœur aimant et bon ! Consoler et chérir, c'est la vertu des femmes.

MjU fenconti*e.

-CiQo-

Un boiteux , près d'une boiteuse , En gravissant un mont, lentement cheminait.

48 UVHE PRKMIIU.

La roule s'allongeait , pénible , lorlueuse ,

Et pour tromper l'ennui , le couple devisait ;

« Que portez -vous donc là, compère , s'il vous plait ? »

Dit la boiteuse. — « Eh! mais, des verroux etdes chaînes,

» De sinistres arrêts, des carcans, un poteau. »

— « Quelle horreur! Ah! vraiment, mon bagagccst plus beau

» De milleobjels lirillants, voyez, j'ai les mains pleines !»

— «Je vous envie un tel fardeau. »

— « Maisque ne faisons-nous plus amplecoiinaissance ? »

— « Volontiers. » — « Qui donc êles-vous? »

— « Hélas! de me nommer je suis fort peu jaloux ;

» Je suis le Châtiment! » — « Et moi, la Récompense! »

— «Quoi ! vous boitez aussi? Mais depuis peu, je pense?,..»

— «On m'a, depuis quinzeans, tant fait courir en France, )) Tant fait porter de croix , de titres, de rubans,

» Qu'il faut une béquille à mes pas chancelants ! » '— « A ne plus nous quitter, eh! bien , je vous invile. » Si , par hasard , un caprice du sort

LIMIK l'I'.KMII.K

)) Vous cnvoyail vers U' mcrilc , 1) A|>puyez-vo«s sur moi ; vous marcherez plus vile ! » J'expîrai par là plus d'un lorl !

» Car, par une erreur condamnable , » Et quoique allanl bien lenlemenl , » Au lieu d'altcindre le coupable , » J'ai souvent frap[)é linnoccnl ! »

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Eie duel «fit Mjiévtre.

ivec un lièvre un coq eut , un malin , querelle; Mais le lièvre , toujours prudent ,

h'2 LIVRE FREMIEH

]nsultail... duii peu loin. Noire coq , IolI bouillant De plus près veut voir l'insolent, El, dans les formes, il l'appelle :

« Approche donc! un pareil différend » Doit toujours se vider sur l'heure ; » Que l'un de nous succombe el meure ! » Plus de relard... Allons! viens à l'instant! » — « Que je vienne ! » répond le lièvre , Tremblant de colère et de fièvre ; « Suis-je donc , par hasard , à tes ordres soumis?

» Impose à d'autres tes défis!

» Moi , l'obéir ! Veux-tu que je me déshonore ? » A ces mots, il détale ; et, depuis , court encore.

Maître Paul reçut un soufflet :

« Allons , l'épée en main ! » lui dit son adversaire.

UVRE PREMIKU. 53

- «L'épèe en main !.. Moi !.. je n'en veux rien faire; » Commandez à votre valel ! »

EjCs hagwffe» ttu JRoi.

Un renard décampait plus vile qu'un notaire Quittant impromptu ses diens.

56 LIVI'.E PRtMll'.R.

Dans sa panique il arpentait les champs , Comme si vingt chasseurs lui déclaraient la guerre :

« Qu'as- tu donc?» lui dit un furet,

Tout surpris de cette épouvante.

— « Je me sauve » — « Et pourquoi? »— « La demande est plaisai

» Ne connais-tu pas le décret? »

— « Lequel ?» — «Écoute donc : Le prince entre en campagne,

» Et sa noble cour l'accompagne ; » Tous mulets et chameaux , par la présente loi , » Sont requis pour porter les bagages du roi. »

— «Ehbien?»— «N'est-ce pasclair?» — «Qu'adecommun,dis-n » Ce décret avec vous, renards?..»— a Pauvre cervelle!

» Tous les valets du roi , faisant preuve de zèle, » Me trouveront parfait pour porter un fardeau:

» Sois certain que , si je demeure ,

» Je serai mulet dans une heure,

» Et demain je serai chameau. »

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