I.IVIU. l'HI.MII.K
<];ir le li;is;iril fail lii largesse ; l.'itileiilioti fait le hiinfail.
EjCs Mlaisins et tes Goujatê.
< Ils sont trop verls, et bons pour des goujats! » Dit le renard , d'une voIk méprisante ,
i.iNHi: piu:mii:i;.
Insullaiil la grapitc peiiilanle Des raisins qu'il nalleignait [)as.
Un goujat passait (je veux dire lin moineau) :«Quoi!» dit-il, « trop verts! Mais il veut rire 1 » Trop verts !.. mais non, vraiment... Ce coloris vermeil » Annonce un fruit mûri sous les feux du soleil. » Qu'a donc maître renard? II badine, je pense... » J'y veux goûter. » Il vole, et, d'un bec curieux . Interroge à longs traits le raisin savoureux :
«Maître renard est en démence, »
Dit-il; et sur la grappe il s'escrime joyeux.
Les goujats ont l'âme assez bonne :
Notre moineau convie aux environs Un turbulent essaim d'affamés compagnons ;
Et la troupe à lenvi moissonne Le raisin qui s'étale en ondoyants festons.
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(! olail (iti hriiil do hccs el «l'ailes frcmissaiilcs, L'n ramage, un murmure, un discordant coriccrl,
Pareil aux voix retentissantes D'un banquet qui s'anime el s'égaye au dessert. Noire renard revient. Vous voyez sa figure!... On gruge en haut la vigne , objet de son dédain Mais, ô bonheur!... des grains ont jonche le chemin ; Il s'arrôle, et tout bas bénis.'^ant le destin ,
Déjeune, heureux de l'aventure,
Avec les débris du festin.
« Que faites-vous donc là, » dit le mohieau malin ; « Vous le trouviez trop vert ?» — «Eh ! oui, c'est la distance ! » L'éloignemenl nous trompe; et, placé sous ma dent, )) Ce raisin, qui de loin n'avait nulle apparence,
» Change de couleur à l'instant. »
Contem[>loiirs dédaigneux, qui, toujours les mains nettes,
Méprisez les honneurs... que vous n'obtenez pa^ Vienne l'occasion ; vous ramassez les miettes Que laissent tomber les goujats !
là»
vin.
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«Combien vous faites de victimes!
» Nul près de vous ne passe impunément ; »
4(1 MVRF, PHKMIRH.
Dit un jour le saule tremblant Au buisson tout chargé de rtépouilles opimes.
<< Vous êtes la terreur des bois;
» Le mouton vous laisse sa laine;
» Et vous détruisez à la fois
» La robe de la châtelaine , » Comme l'habit du pauvre villageois » Qui s'en allait, joyeux, à la fête prochaine. » De ces tristes lambeaux pourquoi vous emparer? » Quel service, entre nous, peuvent-ils donc vousrendre?»
— « Aucun, dit le buisson. Mon but n'est pas de prendre,
» Mais seulement de déchirer. »
— « Quoi ! nuire sans profit? Sur la terre où nous sommes, » Doit-on se plaire au mal sans attendre aucun bien !* »
— « Ami , que dis-tu là ? Pauvre esprit que le tien !,..
» Mordre et flétrir, n'est-ce donc rien? »
Que de buissons parmi les hommes!
ij'Ainuelie et iv Hottsigt^ot,
L'ALOLETTE.
Adieu! Vers le riel je m'élève!
Adieu , gai rossiiinol , joyeux enfant des liois;
Le chant que sur la terre a commencé ma voix ,
Au sommet des airs je l'achève!
Enlends-tu?
L£ BOSSIGIMOL.
Non , vraiment... Et pourtant je te vois. Pourquoi donc chanter dans la nue ?
Abaisse ton vol au plus tôtl Tu te perds dans les cieux ! Ne voles-tu si haut, Que pour n'être pas entendue?
MéCa fUÈ'ies (').
« Il me faudrait d'autres furies ; » Les miennes ont besoin de repos, je le voi
(i) Imitée de Lcssing.
44 LIVRK PUKMIKM.
» Le service les a vieillies; » Les mettre à la réforme est un devoir pour moi. » Pars donc, et cherche-moi trois femmes sur la terre » Qui puissent dignement remplir ce ministère. » Ainsi parlait Pluton ; Mercure entend et part. Or, peu de temps après , Junon , prenant à part
La belle Iris, sa messagère, Lui dit : « Il me faudrait trois filles de vertu,
» De la vertu la plus sévère, « Et chez qui le devoir n'ait jamais combattu. )) Je les veux sans défaut, sages, fières, prudentes, » Enfin trois filles .. étonnantes!
» Chez les mortels lu dois les rencontrer. » Pars donc; Vénus me brave, et je veux lui montrer » Qu'elle n'a point soumis, quoi qu'elle en puisse dire ,
» Tout notre sexe à son empire.
» Il te faudra du temps : je te donne six mois,... » Non point pour les trouver, mais pour fixer Ion choix. »