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FABLE II

Le Saule et l'Erable.

Un saule à demi-mort portait assez souvent Un ci'il d'envie Sur un érable plein de vie Dont les rameaux chantaient au vent.

— "Tu verras, disait-il, s'envoler, à l'automne,

Le feuillage qui te festonne, Tes bras comme les miens seront secs et perclus. Et les nids des oiseaux m' s'y cacheront plus. Nous serons, ce jour-là, deux payens à maudire Le destin."

Mais à tant s'escrimer il perdait son latin; L'autre le laissait dire.

Or, quand vint le printemps, que le soleil sourit, Et que souilla la tiède brise,

Le jeune érable refleurit Et le saule était mort dans son écorce grise.

Vous que dépouille le malheur, Ne perdez jamais l'espérance, Dieu rend ses biens au travailleur, Au repentant, son innocence.

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