FABLE III
A propos d'une Ondée.
Un saule maigre, un chêne fier Causaient ensemble, un jour d'hiver, Et voilà qu'un nuage verse Sur leurs rameaux tout nus et gris
Une abondante averse.
Le saule, un des plus rabougris,
Se fâche et fait un geste Pour secouer les gouttes d'eau, Disant qu'il en avait de reste
De ce vilain cadeau.
Or, bientôt cependant s'enfuit la nue obscure;
Le froid fit sentir sa piqûre, Et l'on vit scintiller sur le chêne, au soleil, Des flots de diamants d'un éclat sans pareil.
Il faut se défier de l'humeur qui rudoie; La douceur changera votre amertume en joie.