FABLE IV
Le Chêne et le Noisetier.
î'n chêne déjà vieux vit fleurir près de lui
Un humble noisetier. D'un ton plein de rudesse
11 lui dit aussitôt :
— " Bois d'une vile espèce, Xe compte pas sur mon appui.
Je ne saurais m'astreindre à protéger un drôle Qui se voit bout entier dans un petit ruisseau.
Ce n'est pas là mon rôle.
Tout esl grand chez moi ; toi, tu n'es qu'un arbrisseau.
— Vous avez une épaisse éeorce, Un beau feuillage et de la force.
Dit le sylvestre jouvenceau, Mais vous ne donnez, tout do même, Qu'un fruit d'une amertume extrême, Que l'on garde pour le pourceau."
Comme ce chêne acerbe Dans ses rameaux verts L'âme du superbe
Porte dos fruits amers.
FAHLE V
Le Songe des trois Frères.
. une nuit, firent un même booj
!>• !';ilf • lin,
'lin- nu mensonj (>r. dès 1'' matin.
Chacun d'eux s'empressa «le Le conter aux autn
Donc, i Qui pouvaient oer j*>ur ane pièce <Y>>r.
Avaient rêvé tons trou que sur la cime nue
I '"un.' m- .r • - • omxue
3< trouvait un trésor.
Aussitôt ù travers la plaine I • s'élancèrent a la ; unirent Longtemps. Il- étaient hors d'haleine Quand ils arrivèrenl t" I Devant ane large crevasse.
Le premier fait un bond, sans calculer, d'abord, Si sa jambe an peu lasse Peut bien atteindre L'autre bord.
Il tombe dans le vide.
Le deuxième B'arrête indécis. Bien qu'avide, Tl craint Le danger que voilà.
Le troisième, plus - Cherche ei trouve un passi Qui le mène au-delà.
N'agissez pas en téméraire, Sans examiner Le dangei :
N'allez pas, non plus, vous ranger Parmi ceux qui, tout au contraire, Devant un obstacle imprévu, Sont toujours pris au dépourvu.
Réfléchissez, je le répète, Et quand vous aurez réfléchi, Cet obstacle qui vous arrête Sera facilement franchi.