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FABLE XLII

La Fauvette et l'Epi.

Sur le bord d'une route Un épi de froment, Né du hasard, sans doute, Se penchait tristement.

Une implacable sécheresse Vint ajouter à sa détresse; Il allait, avant de mûrir, Dans la solitude mourir.

Un jour une fauvette S'approcha doucement de lui, Et pour dissiper son ennui Lui gazouilla sa chansonnette.

" A la fontaine, chantre ailé, Lui demanda-t-il, désolé,

Va donc, pour que je vive,

— so —

Puiser un peu d'eau vive Mi bu viendras souvent eneoT."

L'oiseau prit sou essor

L'une aile rapide A la source IdimpdcLe

;. compatissant.

11 puisa maintes gouttes Et vim les verser toutes Sur l'épd Languissant.

A l'automne il était superbe,

< >n le mont mit ;i\<v orgueil.

Un soir, tout près de lui dan? l'herbe,

il entendu nu chant de deuij :

C'était La fauvette obligeante.

" Qu'as-tu donc à gémir ainsi,

1 >it-il d'une vois engageante ?

faim, je v i«'ii- mouriT ici.

L'épi, vers La terre endormie, A ces moi a s'inclina soudain, Ei la fauvette, son amie, Ne mourut pas de faim.

Faites la charité, faites sans bruit l'aumône, Pour Dieu d'abord et puis pour voue,

Car vous ne savez pas, fu--iez-vous sur un trône-, Ce que vous garde un sort jaloux.

FABLL XLIM

Les deux Sources.

Une source jusqu'au bord pleine Et gazouillant comme un oiseau, Portait à la fleur de la plaine Li douce aumône de son eau.

Une autre qui craignait, sans doute, De voir son lit se dessécher, En refusait mémo une goutte Aux fleurs qui venaient en chercher.

Cependant cette source pure Qui s'épanchait dans la verdure Ne tarissait aucunement; Et par le ciel et par la terre Lui revenait avec mystère L'eau qu'elle donnait librement.

Donnez au malheureux, et donnez avec joie;

Ce qu'on donne revient. C'est Dieu qui le renvoie.

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