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FABLE LXXVII

Les deux Chiens.

Deux chiens aux pieds du même maître Coulaient paisiblement leurs jours; Tous deux ne paraissaient connaître Que les plaisirs et les amours.

On les voyait souvent courir à perdre haleine Derrière la voiture ou par la verte plaine; Puis, quand ils étaient las de courir, d'aboyer, Ils s'en venaient dormir tous les deux au foyer, Sous le même rayon de flamme, Laissant en rêve aller leur âme Dans ces étranges régions Où s'envolent, en légions, Les âmes de nos pauvres bêtes.

Un jour, -c'était au temps des fêtes, Les cuisiniers, très imprudents,

Ne leur jettent qu'un os. Après maintes bourrades Les deux bons camarades Se déchirent à belles dents.

Que d'hommes tu déniches, A chaque pas, Qui ressemblent à ces caniches !

Ils c.it de la vertu, mais ne les tente pas.

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