LE KENARD ET LES RAISINS
Phèdre a dit quelque part qu'un renard des plus saints
Entreprit un pèlerinage; Et que mourant de soif un jour en son voyage, Il vit au haut d'un mur de superbes raisins.
Jamais raisins n'excitèrent l'envie Comme ceux-là :
" Dieux protecteurs ! merci, le renard s'écria
" Les yeu^ au ciel, je renais à la vie.
*' Déjà je perdais tout espoir
" Quand votre bonté secourable
'' Me les a fait apercevoir.
" Qu'ils sont beaux ! Que leur jus doit être délectable!. " Voyons, sans plus tarder essayons de cueillir
*' Une de ces grappes vermeilles, " Jamais, foi de renard, je n'en vis de pareilles." Mais il a beau sauter, il ne peut parvenir
Jusqu'au sommet de la muraille.
Il va, vient, puis revient, tourne et tourne cent fois Autour du mur. Enfin se voyant aux abois : " Fi! ces raisins sont verts et bons pour la canaille, " Dit-il tout haut. Partons, je perds ici mon temps."
Il est dans l'univers beaucoup de telles gens.