‹ FablesChapitre 56 sur 59 · LE CHEVAL, LA LOCOMOTIVE ET LE TELE- GRAPHE · texte numérisé non relu

LE CHEVAL, LA LOCOMOTIVE ET LE TELE- GRAPHE

Que te servent tes pieds légers et résonnants,

Disait d'une voix convulsive

Une grosse locomotive A mon noble coursier dont les naseaux fumants Chassaient l'air avec bruit ? Oserais-tu, de grâce,

Essayer de suivre ma trace

A moi qui dévore l'espace,

A moi plus prompte que les vents ?

Va cacher dans les bois, ta honte et ta défaite ! — Halte là ! rabattez votre présomption, Lui dit le télégraphe en secouant la tête;

Pourquoi cet orgueil et ce ton ?

Vous devancez les vents, avez-vous dit, la belle ?

Oh ! la folle prétention.

Prenez-vous le coursier pour un sot sans cervelle ?

Vous surpassez, j'en conviens, les chevaux. Voilà tout. Beau sujet vraiment de gloriole ! Mais lorsque vous voudrez devancer les oiseaux, Le tonnerre et les vents, venez à mon école.

LA la:^ipe et le papillon.

Un papillon du soir séduit par la clarté D'une lampe, y vola ; mais la flamme perfide Fut cause de sa mort. Ainsi Thumanité, Courant après la volupté, A chaque instant se suicide.

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