VIL — LA LOCOMOTIVE ET LE CHEVAL
Un cheval vit un jour sur un chimin de fer Une machine énorme, à la gueule enflammée, Aux mobiles ressorts, aux longs flots de fumée. « En 'vain, s'écria-t-il, ô fille de l'enfer, En vain tu voudrais nuire à notre renommée.
Une palme immortelle est promise à nos fronts, £t toi, sous le hangar honteuse et délaissée. Tu pleureras ta gloire en naissant éclipsée.
De vitesse avec moi veux-tu lutter? — Luttons! Dit la machine; enfin ta vanité me lasse. »
Elle roule, elle roule, et dévore l'espace; 11 galope, il galope, et d'un sabot léger Il soulève le sable et vole dans la plaine.
Mais il se berce, hélas ! d'un espoir mensonger!