‹ FablesChapitre 101 sur 247 · XÏH. — LE SAVOIR ET LE SAVOIR-FAIRE · texte numérisé non relu

XÏH. — LE SAVOIR ET LE SAVOIR-FAIRE

Au grenier du savoir grimpa le savoir-faire : «Eh quoi, toujours obscur et toujours mal vêtu? Nommant votre indigence et courage et vertu,' Des poétiques cieux vous parcourez la sphère I Pour la réalité, croyez-moi, délaissez Le monde vaporeux des rêves insensés.

Venez; d'or et de fleurs parsemons l'existence. » Le savoir descendit sans faire résistance :

Entre nous, du pain sec il se lassait un peu. Les voilà partis. L'œil en feu, L'un de calculs remplit de longues pages, L'autre contemple les nuages.

«Ami, dit savoir-faire, allons flatter les grands* Ici-bas le bonheur est pour les intrigants, Et nul profit n'arrive à qui ne sollicite.

Pour acquérir Targent et la célébrité.

Empruntons les cent voix de la publicité :

A cela tient la réussite.

— Quoi ! perdre mon repos, mon temps, ma dignité

Ma solitude bien-aimée, A poursuivre de Tor et de la renommée!

Répondit le savoir ; de Vos offres merci !

A tous les biens acquis ainsi,

Ma pauvreté, je te préfère... »

Alors de son côté chacun d'eux s'en alla,

Et, depuis ce jour-là, Rarement le savoir s'unit au savoir-faire.

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