XÏH. — LE SAVOIR ET LE SAVOIR-FAIRE
Au grenier du savoir grimpa le savoir-faire : «Eh quoi, toujours obscur et toujours mal vêtu? Nommant votre indigence et courage et vertu,' Des poétiques cieux vous parcourez la sphère I Pour la réalité, croyez-moi, délaissez Le monde vaporeux des rêves insensés.
Venez; d'or et de fleurs parsemons l'existence. » Le savoir descendit sans faire résistance :
Entre nous, du pain sec il se lassait un peu. Les voilà partis. L'œil en feu, L'un de calculs remplit de longues pages, L'autre contemple les nuages.
«Ami, dit savoir-faire, allons flatter les grands* Ici-bas le bonheur est pour les intrigants, Et nul profit n'arrive à qui ne sollicite.
Pour acquérir Targent et la célébrité.
Empruntons les cent voix de la publicité :
A cela tient la réussite.
— Quoi ! perdre mon repos, mon temps, ma dignité
Ma solitude bien-aimée, A poursuivre de Tor et de la renommée!
Répondit le savoir ; de Vos offres merci !
A tous les biens acquis ainsi,
Ma pauvreté, je te préfère... »
Alors de son côté chacun d'eux s'en alla,
Et, depuis ce jour-là, Rarement le savoir s'unit au savoir-faire.
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