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ÉPOUX

La tourterelle se lamente ; Que veut la tourterelle T elle veut an époux. « Apaisez, dit le coq, le feu qui me tourmente ; Beau, brave, vigilant, je suis digne de vous. — Je ne puis vous aimer, répond la tourterelle,

Car Je yeux un époux fidèle. »

En ce moment, l'aigle arrive des cieux : • Des oiseaux, lui ditr-il, soyez la souveraine. » Elle répond : «L'amour n'est pas ambitieux, t V rossignol survient : • Pour adoucir ta peine

Je filerai les plus doux sons.

— Le chant ne suffit pas à mon àme brûlante ;

L'amour ne vit pas de chansons. »

Le paon déploie en vain sa roue étincelante ; Elle lui dit : «L'éclat, la vanité

Ne font pas la félicité. »

Les amants éconduits quittent la tourterelle.

Et la pauvrette pleure encor.

Un tourtereau venant : « Sois mon époux ! * dit-elle. Pour plaire, qu'avait-il? de la gloire, de l'or?... Il avait son amour pour unique trésor.

XVn. — LE LABOUREUR ACCUSÉ DE MAGlË.

S'affranchissant du joug héréditaire.

Un Romain acheta quelques arpents de terre.

Et fit si bien qu'en peu de temps.

Un champ qui fut jadis rocailleux et stérile,

Il le rendit riche et fertile.

De sa prospérité les voisins mécontents

Devant 1^ peuple l'appelèrent

Et de magie ils l'accusèrent.

Que fit l'ancien esclave en ce pressant danger? Il amena vers ceux qui devaient le juger

De bœufs un robuste attelage,

Ses fils déjà grands, déjà forts,

Et ses outils de labourage.

« Peuple^ voilà, dit-il, la magie et les sorts

Auxquels je dois les biens que l'on m'envie. • A ces mots, en dépit de ses voisins jaloux.

Le laboureur partit, absous.

Aux acclamations de la foule ravie»

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