XV. — LA FUSÉE ET LA LAMPE
Ivre d'un vain mérite et folle de jactance, La fusée à la lampe un jour parlait ainsi :
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• Flambeau p&le et sans gloire, éloigne-toî d'ici ;
Tu compromets par ta présence Une fille des cieux, dont les feux éclatants... » Mais quelqu'un l'interrompt : «Madame la fusée. Je défends contre vous la lampe méprisée ; Feu follet qui dans Tair brillez si peu d'instants, Vous Êtes des oisifs l'amusette frivole.
La lampe, à mon avis, remplit un plus beau rôle ; Quoique moins radieuse, elle luit plus longtemps ; Elle est à l'atelier, au fond du sanctuaire, Au grenier du poëte, au lit de la douleur, Compagne du travail et sœur de la prière :
Partout son doux rayon console le malheur. >
A la fusée orgueilleuse et futile Ressemblent la plupart de nos littérateurs ;
Lampe modeste, mais utile.
Ta comptes dans leurs rangs trop peu d'imitateurs.