‹ FablesChapitre 145 sur 247 · XXII. - LE FOUET ET LA CANNE A SUCRE · texte numérisé non relu

XXII. - LE FOUET ET LA CANNE A SUCRE

A II. VJCTOR SCHOELCBES.

Devant la canne à sucre un jour le fouet sapglant

Vantait son cruel ministère.

• Grâce à moi, disait^il, pour enrichir le blane.

Le nègre féconde la terre ; «

Par Fesclave, sans moi, le sol abandonné Ne produirait bientôt qu'une maigre récolte.

Et bientôt l'insubordonné

Se lèverait pour la révolte.

Mais, sous mon influence, à jamais retenu

12J FABL^iS.

Dans une terreur salutaire, Au profit des colons, ignorant, pauvre et nu. Toujours il traînera sa chaîne héréditaire.

Mon rôle est beau, sans contredit... »

La canne à sucre répondit :

« Des noirs oses-tu bien, pour un planteur avare, Faire couler le sang, les larmes, les sueurs ! Victimes trop longtemps d'un préjugé barbare. Enfin ils ont trouvé de nobles défenseurs Dont la parole est forte et dont la cause est sainte.

Oh I que Tesclave soit sans crainte :

Dieu le veut, Dieu le veut, sa chaîne tombera.

Et toi, ton règne finira ! •

Page 1