XXIII. — LE VOYAGEUR ET LE POTEAU
Dans les champs, vers un carrefour Où différents sentiers en divers lieux conduisent.
Un voyageur s'arrête un jour.
« Enfin, reposons-nous, car mes forces s'épuisent; Depuis l'aube, dit-il, je porte un lourd fardeau. » Comme il parle, voilà qu'à l'angle d'une route
Ainsi le harangue un poteau :
« Au bourg le plus voisin vous vous rendez sans doute i Retenez les conseils que je vais vous donner : Marchez toujours à droite et sans vous détourner. Quelques milles de plus à parcourir encore, Espace qu'un boiteux en quatre pas dévore.
Des bois, une prairie, une plaine, un coteau.
Bref, le trajet le plus facile. . .
.- Eh bien, marche toi-même... — Oh ! répond le poteau Je montre les chemins, mais je reste immobile. »