IV. — LA GRENOUILLE ET L'ÉCARLATE
Une grenouille sort du fond de son marais.
Que voit-elle? ô surprise ! ô joie !
Un butin merveilleux, une éclatante proie.
Elle aura, sans peine et sans frais, Un morceau succulent, le festin le plus rare. « Adieu les vermisseaux et l'herbe de la mare!
Dit-elle; il me faut désormais Des mets
Dignes de votre souveraine :
N^rjez pas, des eaux je suis la reine ! »
A ces mots, elle saute et nage vers le bord, Fièrc de s'emparer de la royale aubaine.
Or, qu'était-ce? un chiffon d'écarlate... et la mort !
La pauvre jeune fille et le pauvre poëte Séduits, l'un par l'éclat d'un renom glorieux. L'autre par des habits, des bijoux précieux,
Rêvaient la plus douce conquête.
A celle-ci le déshonneur,
A tous deux misère et malheur !
Ils ont, en poursuivant l'amorce qui les flatte, Saisi, les imprudents... un chiffon d'écarlate!
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