‹ FablesChapitre 162 sur 247 · LIVRE Vlir. â · texte numérisé non relu

LIVRE Vlir. â

Veux-tu que, rejetant notre r6le passif, Nous allions sans retard, et d'une Àme agoerrief Parmi les animaux, race à Fesprit rétif, Créer le noble état de la chevalerie?

L*un d e Tautre jamais jaloux,

En compagnons toujours fidèles.

Nous courtisons toutes les belles

Qui broutent les prés ândalous.

Forts de notre bon droit et de notre vaillance. Nous redressons les torts, nous sauvons Tinnocenc^w Agneaux, ne craignez plus la colère des loups ! Faibles, soyez heureux; consolez-vous, victimes;

Tigres, nous voici : gare à vous! »

Mais l'autre : « Qu'attends-tifde tes efforts •ublim^st

— Les pâturages les plus verts Sont notre récompense;

On nous aime, à souhait s'arrondit notre panse, Et notre renommée étonne l'univers.

— Crois- en ma vieille expérience.

Toute médaille a son revers.

J'ai mainte et mainte cicatrice,

Des dangers de la gloire ineffaçable indice; La soif, la faim, Les fatigues sans fin, ^

Le mépris et les coups ont été mon partage.

Toi, loin de nos combats par Sancho bien nourri. Tu n'eus que les plaisirs et l'honneur du voyage. Ah! songea mes douleurs, vois mon corps amaigri... — Je sens, dit le baudet, chanceler mon courage. Je n'avais pas encore, il faut en convenir.

Sous ces noires couleurs entrevu l'avenir.

Beaux projets, je vous abandonne ; La gloire, je le vois, présente une couronne

D*épine8 et de fleurs... Qui craint de se blesser A la saisir doit renoncer. »

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