XX. — DES TACHES AU SOLEIL
Un ignorant Un jour apprend Que les savants, armés de leurs longs télescopes,
Ont TU des taches au soleiL Il désire aussitôt la cécité des taupes
Et des marmottes le sommeil.
Honteux d*avoir longtemps admiré, trop crédule, Cet astre qu'il croyait un tstre sans pareil. « Reviens de ton mépris injuste et ridicule.
Lui dit quelqu'un ; rends-lui, crois-moi.
Ton admiration première, Et ne cesse d'aimer cet astre, à qui tu doi Une chaleur féconde et des flots de lumière. »
Dans rhonmie de génie ou l'homme vertueux Si vous avez surpris, d'un ceil trop rigoureux. Quelque faute inhérente à l'humaine faiblesse.
Que cela ne vous blesse.
Et sachez ne pas voir Une tache dans ceux qui sur tous font pleuvoir Et les bienfaits et le savoir.
XXL — L'ÉGUSE DÉLABRÉE.
• Voyez cette champêtre église, Dont le vent sacrilège a renversé la croix;
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Le lierre parasite a rongé ses parois.
Plus d'un lambris s'écroule & sa toiture grise.
Mais on entre ; on entend de suaves concerts ;
Des cœurs s'exhale la prière ;
Les flots d'encens et de lumière,
Confondus, montent dans les airs.
Po6te, c'est là ton image :
La douleur sillonna ton front,
Le passant fit plus d'un affront A tes habits fangeux que le temps endommage... Mais ton &me, ô poète ! est le temple vivant
D'où s'échappe l'hymne infinie ;
A la muse de l'harmonie Ton cœur religieux voue un culte fervent.