VIII. -- LE PAPILLON ET LA GUÊPE
Au sein d'une prairie
Verdoyante, fleurie.
Voltige un papillon.
Survient un autre insecte armé de raiguillon;
Cest la guêpe inhumaine.
« Déserte mon domaine I Dit-elle ; à moi le suc et le parfum (les fleurs ! > Le papillon répond : € Pour toi seule l'aurore
A-t-elle fait écloro Ce nectar embaumé, ces suaves couleurs ?
Moi, du bout de ma trompe et du bout de mes ailes Caresser doucement les corolles nouvelles.
Voilà mon bonheur, mon plaisir; Ne peux-tu, comme moi, te repaître à loisir?
— Ton bonheur me rend malheureuse ! »
La guêpe furieuse,
A ces mots s'élançant, De son dard perce et tue un rival innocent.
Dans le monde quelle est la guêpe de ma fabie. C'est l'égoîsme insatiable.