VI, — LES MOUTONS ET L'HERBE AU SUC D'OR
Chez un fabuliste persan
J'ai lu ce conte intéressant :
Dans certaine contrée il naît une herbe rare. Aux effets merveilleux, à la vertu bizarre ;
Malheur aux moutons imprudents Tentés de s'en repaître ! Il s'attache à leurs dents Une jaune liqueur, vernis ineffaçable.
Qui leur rend sur-le-champ tout mets insupportable.
On la nomma l'herbe au suc d'or.
A l'avare, je crsîs, pensait le moraliste :
Quand le brillant métal a séduit l'égoïste, A tout noble penchant son cœur glacé résiste; Dans un dégoût suprême il meurt sur son trésor.