‹ FablesChapitre 187 sur 247 · III. — L'AIGLE enchaîné · texte numérisé non relu

III. — L'AIGLE enchaîné

Au sommet du Caucase, un aigle dans son aire S'éveille, et se livrant à de nobles transports : « J'irai ravir sa proie au tigre sanguinaire ; « Je vaincrai mes rivaux les plus fiers, les plus forts, « Et j»espère qu'un jour, pour prix de mes efforts, « Je porterai le dieu qui porte le tonnerre! »

Sa grande aile, à ces mots, se déploie et son corps S'agite... mais eo vain... ses serres obstinées Refusent leur service ; un satjrre odieux Sur le rocher, la nuit, les avait enchaînées.

L*aigle, c*est le génie aux élans glorieux* Souvent la pauvreté, riant de son extase, Dans un réseau de fer tient ses membres liés ; Il a, comme Toiseau qui s*éveille au Caucase, Des ailes à la tête et des chaînes au pied.

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