XXX. — LÀ BfASCARADE
Jupiter, —Je Tai lu dans les vieilles annales, -^
Pour une mascarade, en sa royale cour^
Une nuit, rassembla les hordes infernaleei
Et les esprits sur nous veillant avec amour.
On voyait se croiser sous les lambris célestes
Les vices effrontés et les vertus modestes.
Chacun d*eux, sous des traits grimaçants ou riants.
Déroutait les plus clairvoyants.
Le jour venu, Jupin voulut par leurs visages Connaître tour à tour les divers personnages. Sans masques, devant lui, sous leur déguisement, lis défilèrent tous silencieusement.
Ils avaient pris, changeant de gestes, de langages, A chaque caractère un habit opposé.
L'hypocrisie avait osé De la piété sainte affecter l'apparence;.
Le crime s'avançait, paré
De la robe de Finnocence ;
L'avarice avait pénétré
Sous les traits de la bienfaisance;
Le mensonge avait emprunté
Le miroir de la vérité.
Qui le croira? portant une étoffe menteuse.
On dit que les vertus passèrent à leur tour.
Et que chacune avait, n'osant fixer le Jour, De quelque vice impur la défroque honteuse.
Même chose arrive ici-bas :
De toutes les vertus le vice prend le masque, Et le plus vertueux, C caprice fantasque !
Affiche quelquefois les vices qu'il n*a pas.