‹ FablesChapitre 208 sur 247 · XXX. — LÀ BfASCARADE · texte numérisé non relu

XXX. — LÀ BfASCARADE

Jupiter, —Je Tai lu dans les vieilles annales, -^

Pour une mascarade, en sa royale cour^

Une nuit, rassembla les hordes infernaleei

Et les esprits sur nous veillant avec amour.

On voyait se croiser sous les lambris célestes

Les vices effrontés et les vertus modestes.

Chacun d*eux, sous des traits grimaçants ou riants.

Déroutait les plus clairvoyants.

Le jour venu, Jupin voulut par leurs visages Connaître tour à tour les divers personnages. Sans masques, devant lui, sous leur déguisement, lis défilèrent tous silencieusement.

Ils avaient pris, changeant de gestes, de langages, A chaque caractère un habit opposé.

L'hypocrisie avait osé De la piété sainte affecter l'apparence;.

Le crime s'avançait, paré

De la robe de Finnocence ;

L'avarice avait pénétré

Sous les traits de la bienfaisance;

Le mensonge avait emprunté

Le miroir de la vérité.

Qui le croira? portant une étoffe menteuse.

On dit que les vertus passèrent à leur tour.

Et que chacune avait, n'osant fixer le Jour, De quelque vice impur la défroque honteuse.

Même chose arrive ici-bas :

De toutes les vertus le vice prend le masque, Et le plus vertueux, C caprice fantasque !

Affiche quelquefois les vices qu'il n*a pas.

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