XIV. — LE VIN BLANC ET LE VIN ROUGE
Souvent les modérés, ce sont les furieux.
Mûri Qur les coteaux qui longent la Dordogne» Le vin blanc, d'un ton doucereux, Ainsi parle au rouge bourgogne :
< Mon frère, ta Tiv6 coaleur A toute âme bien née inspire la terreur.
Quand tu verses la lave au peuple, dans l'orgie, C'est du sang qui s'attache à la nappe rougie.
De ta pourpre dépouille* toi ; Deviens doux, incolore, innocent, comme moi... » Le bourgogne répond « : Ma .flamme purpurine. En donnant la santé, chasse l'humeur chagrine. Ta blancheur n'est pas, oerte, exempte de danger : A ta feinte douceur malheureux qui se fie 1
Elle irrite les nerfe jusques à la folie
Insulte à ma couleur, je n'en veux pas changer. »
Amis^ tenons-nous à distance De ces tempéraments fades et bilieux
Qui sont tout miel, tout sucre en apparence.
Calme trompeur, dehors insidieux
Souvent les modérés, ce sont les furieux.