II. — L'ASSAUT D'ARMES ET LE PAYSAN
On donnait un assaut dans une salle d'armes.
Les maîtres, les prévôts, les simples amateurs,
D'un jeu fort innocent venaient goûter les charmes.
Un lourdaud se trouvait parmi les spectateurs;
C'était un paysan de Brive-la-Gaillarde.
Voyant que nos champions allaient se mettre en garde.
Il sanglotte et s'écrie : « Oh ! ne vous tuez pas I
Je ne puis d'un poulet contempler le trépas.
Et l'on veut que je voie un tel carnage en face!
Messieurs, laissez-moi fuir ou finissez, de grâce...
— Es-tu fou, lui dit-on, radotes-tu, vraiment?
Ce n*est qu'un jeu paisible, un pur amusement.
Un plastron rembourré cuirasse leur poitrine;
Sous un bouton se cache une pointe assassine ;
Un masque est sur leur face et des gants à leurs mains
Tu les verras bientôt, débonnaires, humains,
En loyaux compagnons se donner l'accolade.
Et s'en aller galment boire mainte rasade. •
Cet assaut de bretteurs, combat inoffensif.
Je le compare à ceux de certains journalistes
^ue le public, par trop naïf.
Croit de grands ferrailleurs, de francs antagonistes. Au rocher de Cancale, au bal, à l'Opéra, Où chaque jour le plaisir les rassemble.
Ils s'en vont préparer ensemble'
Les bottes qu'on se portera; lis 86 disent aussi comment on parera
Et comment on ripostera..!
lecteur, ne les prends plus, par trop de confiatice.
Pour. des ennemis acharnés ; D'élastiques plastrons couvrent leur conscience, Et leurs fleurets sont boutonnés...