‹ FablesChapitre 36 sur 247 · XIV. — L'HOMME ET LES CHATS · texte numérisé non relu

XIV. — L'HOMME ET LES CHATS

Des chats faisaient sabbat dans un appartement. Hais sabbat infernal; rien n'y manquait, vraiment. Nos drôles s'escrimaient de la gueule et des pattes. Et, pour gagner le cœur de mesdames les chattes. Par leurs miaulements témoîe;naient leurs transports. C'était un tintamarre à réveiller les morts.

Aussi» dans le logis, le maître ni sa femme Ne purent fermer l'œil, orT doit bien le penser. • Au diable les matous et leur vacarme infâme ! Dit enfin le mari; s'il ne veulent cesser, A grands coups de bâton je les ferai danser. » Le bruit continuant, vers la chambre voisine, Sur la pointe des pieds, notre homme s'achemine.

Il ouvre, il entre, et le voilà

Frappant par-ci, frappant par-là.

Et renversant tout à son aise La pendule, une armoire, une table, une chaise.

Et brisant mainte glace et maint vase de prix. Pourtant, sous le b&ton pas un chat ne fut pris. Pourquoi? me direz-vous. — La question est bonne! Je croyais que le fait ne surprendrait personne : Comme il n*est tel qu'un chat pour y voir clair la nuit. Le maître avait eu beau s'introduire sans bruit, Quand il ouvrit la porte, ils avaient sans trompette

Pris doucement la poudre d'escampette.

Qui fut penaud? le maître, on le devine assez ; Il en paya les pots cassés.

Thémis souvent ressemble à Thomme de ma fable :

A-t-on commis un crime quelque part.

Vers le lieu du délit aussitôt elle part.

Tandis qu'adroitement se sauve le coupable.

Dans l'ombre elle s'en va, tout juste saisissant L'innocent.

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