I. — LA GOUTTE D*EAU
Un orage grondait à Thorizon lointain, Lorsqu'une goutte d*eau, s'échappant de la noe, Tombe au sein de la mer et pleure son destin. « Me voilà dans les flots, inutile, inconnue. Ainsi qu'un grain de sable au milieu des déserts. Quand sur Taile du vent je roulais dans les airs. Un plus bel avenir s'offrait & ma pensée:
J'espérais sur la terre avoir pour oreiller L'aile du papillon ou la fleur nuancée , Ou sur le gazon vert et m'asseoir et briller... » Elle parlait encore : une huître, à son passage, S*entr'ouvre, la reçoit, se referme soudain.
Celle qui supportait la vie avec dédain Durcit, se cristallise au fond du coquillage, Devient perle bientôt, et la main du plongeur La délivre de l'onde et de sa prison noire; Et depuis on l'a vue éclatante de gloire Sur la couronne d'or d'un puissant empereur.
O toi, vierge sans nom, fille du prolétaire.
Qui retrempes ton âme au creuset du malheurf Un travail incessant fut ton lot «ur la terre ;
e FABLES.
Prends courage ! ici-bas chacun aura son tour: Diins les flots de ce monde, où tu vis solitaire. Gomme la goutte d*eau tu seras perle un jour...