X. - LA POMME D*API ET LE VER
Une pomme d'api brillait dans un verger ; Jamais dessert de roi n'en eut de plus jolie. Pour voir son incarnat, sa peau fraîche et polie, Les papillons près d'elle aimaient & voltiger. Maints polissons, revenant de l'école, A coups de pierre, à coups de gaule, L'auraient mise en quartiers ; mais des buissons touffus Opposaient un rempart à nos gamins confus.
Qu'elle est fière! des fruits elle se croit la reine^ Vanité ! car bientôt la Jeune souveraine Se sentit dévorer par un ver assassin.
Qu'un soleil de printemps fit éclore en son sein.
Sous le sort le plus beau, sous les biens qu'on envie. Le plus souvent se cache une douleur, Hélas l et sans qu'on le convie, A nos joyeux festins vient s'asseoir le malheur.