‹ FablesChapitre 6 sur 247 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Loin de les condamner au vent de Tanathème, De la manne des arts qui pleut sur vos élus.

Riches, versez sur eux Tineffable baptême :

Cultivez-les, vos soins ne seront pas perdus.

m. — L'OMBRE DE SALOMON ET LE LABOUREUR.

A certain laboureur le plus sage des rois

En songe apparut une fois :

« A tes pieds, lui dit-il, contemple La fourmi, du travail suivant les saintes lois. Et son activité te servira d'exemple. »

A ces mots, s'envola Tombre de Salomon.

De la charrue alors saisissant le timon.

L'homme aux champs chaque jour allait avant Taurorc. A quatre-vingt-dix ans il labourait encore, Lorsqu'un soir reparut l'antique vision :

a Eh quoi ! Jusqu'à la mort tu travailles? dit-elle. -^ Vous m'offrîtes jadis la fourmi pour modèle..,

— Mais, l'été, la fourmi fait sa provision Pour vivre, dans l'hiver, à l'abri de l'orage i L'hiver, c'est la vieillesse, et l'été, le jeune âge : L'homme a droit au repos, ainsi que la fourmi...

— Sans relâche au travail la misère m'enchaîne, Car le travail du jour au jour suffit à peine.

— N'as-tu pas quelque fils ou quelque jeune ami Dont le bras vigoureux du travail te dispense?

— Gomme moi, pour compagne ils ont la pauvreté!

— Au laboureur, grand Dieu, donne sa récompense

Dit l'ombre ; accorde, en ta bonté.

Un travail fructueux à l'ardente jeunesse^ Et du repos à la vieillesse !... »

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