LIVRE I
Loin de les condamner au vent de Tanathème, De la manne des arts qui pleut sur vos élus.
Riches, versez sur eux Tineffable baptême :
Cultivez-les, vos soins ne seront pas perdus.
m. — L'OMBRE DE SALOMON ET LE LABOUREUR.
A certain laboureur le plus sage des rois
En songe apparut une fois :
« A tes pieds, lui dit-il, contemple La fourmi, du travail suivant les saintes lois. Et son activité te servira d'exemple. »
A ces mots, s'envola Tombre de Salomon.
De la charrue alors saisissant le timon.
L'homme aux champs chaque jour allait avant Taurorc. A quatre-vingt-dix ans il labourait encore, Lorsqu'un soir reparut l'antique vision :
a Eh quoi ! Jusqu'à la mort tu travailles? dit-elle. -^ Vous m'offrîtes jadis la fourmi pour modèle..,
— Mais, l'été, la fourmi fait sa provision Pour vivre, dans l'hiver, à l'abri de l'orage i L'hiver, c'est la vieillesse, et l'été, le jeune âge : L'homme a droit au repos, ainsi que la fourmi...
— Sans relâche au travail la misère m'enchaîne, Car le travail du jour au jour suffit à peine.
— N'as-tu pas quelque fils ou quelque jeune ami Dont le bras vigoureux du travail te dispense?
— Gomme moi, pour compagne ils ont la pauvreté!
— Au laboureur, grand Dieu, donne sa récompense
Dit l'ombre ; accorde, en ta bonté.
Un travail fructueux à l'ardente jeunesse^ Et du repos à la vieillesse !... »