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II. — LA VERGE DE MOÏSE

La baguette, docile aux ordres d'une fée.

Pour une simple femme est un simple fuseau; Douce flûte de Pan, tendre lyre d'Orphée, Vous ne seriez aux mains de l'enfant au berceau Que des cordes sans voix, qu'un stupide roseau.

« Peuple, disait un jour la verge de Moïse, Si jamais ta parviens à la terre promise, De civiques lauriers ne couronne le front

De Moise ni d'Aaron ;• L'encens et les lauriers sont dus à mes prodiges t J*ai confondu les vains prestiges Des magiciens de Pharaon ; Quand tu fuyais l'Egypte et l'esclavage, Et nos fiers ennemis qui te glaçaient d'effroi, Les flots de la mer Rouge, en s'ouvrant devant moi, A ton salut livrèrent un passage, A nos tyrans creusèrent un tombeau ; Plus tarda cédant à ma puissance.

Le rocher du désert t*abreuva de son eau, Et puis... » On mit un frein à sa folle jactance.

En lui disant : « Faible roseau, Du trône où tu t'assieds abandonne le faite; Des miracles nombreux qui font notre bonheur

Ne revendique plus l'honneur :

Tu n'es que l'instrument du ciel et du prophète !.

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