‹ FablesChapitre 69 sur 247 · VIL — L'HIVER ET LE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

VIL — L'HIVER ET LE PRINTEMPS

On était au printemps, alors que les beaux jours

Font éclore les fleurs, les oiseaux, les amours.

Un soleil radieux fécondait la nature :

Un hymne s'exhalait de chaque créature.

Quand du septentrion arrive un vent glacé

Qui dessèche la rose et chasse l'hirondelle ;

On voit l'hiver aux cieux donnant de grands coups d*aile.

« Vieillard, dit le printemps, ton règne était passé. Et tu viens, relevant ton trône renversé, Sons un sceptre de plomb faire courber la terre ! Pourquoi, sans nul égard, me déclarer la guerre, Troubler les éléments et Tordre des saisons.?... — Pour en agir ainsi j*ai de bonnes raisons.

Répond rhiver : souvent ton haleine, 6 mon frère. Fondit avant le temps ma neige et mes glaçons. Et, sous les courts soleils de mon pâle solstice. Elle ressuscita les fleurs et les chansons... Eh bien ! qu*on ose encor me taxer d'injustice !... »

Jeunes, nous survient-il des rides de vieillard, Éprouvons-nous des maux attendus bien plus tard, Sachons nous consoler; quelquefois la vieillesse N*art-elle pas aussi ses retours de Jeunesse?

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