XI. — LE FERMIER ET LA VACHE
Pierre, le lourd fermier, possédait une vache
Qui saus murmurer lui donnait Tout son lait.
L'animal était maigre et toujours à l'attache. ■ Peu donner, disait Pierre, et beaucoup recevoir.
C'est le moyen d'augmenter son avoir. »
Un jour, tenant en main quelques brins d'herbe fraîche*
Il gagne l'étable et la crèche Où la vache se meurt de langueur et de faim, n l'embrasse et lui dit : « O ma belle, 6 ma chère, A l'avenir, crois-moi» tu feras bonne chère... L'autre, de l'écouter se lassant à la fin.
Lai dit : « Trêve de flatteries.
De promesses en Tair et de cajoleries!
C'est mon lait que tu veux ; prends donc, et par pitié, Que je n'entende plus tes serments d*amitié. »