‹ FablesChapitre 76 sur 247 · XIV. — LE LÉOPARD ET LE RENARD · texte numérisé non relu

XIV. — LE LÉOPARD ET LE RENARD

Un jour le léopard, Accostant le renard.

Lui dit ! « Ami, bonjour ! j'allais vers ta tanière ; Je te trouve à propos. » L'autre répond : « Seigneur,

Moi, votre ami I d'où me vient cet honneur?

— C'est que des préjugés on va combler l'ornière ; De la fraternité flottera la bannière ; Plus de titres pompeux, de castes, ni de rangs ! Le9 faibles et les forts, les petits et les grands. Des privilèges vains franchissant la barrière. Vont enfin cimenter une sainte union.

Et, ce soir mème^ le iion.

Pour fôter cette nouvelle ère, A de joyeux festins, où tous seront admis.

Invite ses sujets, ou plutôt ses amis...

— En vérité, dit le renard, je loue Ces nobles sentiments, et longtemps, je l'avoue, J'appelai de mes vœux cet avenir promis.

Maudissant le destin contraire»

Je gémissais tout bas de mon obscurité ;

Mais aujourd'hui je touche à la féliciié.

Allons , joie et bonheur! car je suis votre frère !

Vive, vire Tégalité !...

Pourtant, nous n'admettrons & nos fêtes, j'espère, Ni le pourceau fangeux, ni le singe éhonté? »

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