‹ FablesChapitre 75 sur 247 · LIVRE IV. C · texte numérisé non relu

LIVRE IV. C

Il enfourche la pauvre béte, Lie au bout d*ane gaule une botte de foin

Que dans l'air il agite au loin.

Plus r&ne trotte, et plus Tamorce horizontale S*enfuit devant la dent qui cherche à rattraper. Hélas t pour le baudet qui s*est laissé tromper.

C'est le supplice de Tantale.

S'il'peste contre un Jeu qui ne lui convient pas. Quelques coups de bâton le remettent au pas :

Il a beau dire, il a beau faire, L'autre toujours le leurre et le frappe plus fort.

Je connais tel Etat sur un point de la sphère A qui de ce pauvre &ne on fait subir le sort.

Xni. — HERCULE ET LE SATYRE.

Déjà fameux par ses douze travaux.

Hercule, en attendant des prodiges nouveaux,

S'endormit on Jour sous un chêne.

Sortant d'une grotte prochaine.

Un satyre moqueur réveille le héros :

« Hé quoi ! le grand Alcide a besoin de repos? Lui dit-il; sa massue à ses côtés se rouille i Du lion de Némée^ 6 fils de Jupiter !

Tu déshonores la dépouille.

Hercule, si vaillant, si fier, Voudrait^il, abdiquant sa glorieuse tâche.

Vivre désormais comme un làcho?... t Le héros se relève et fait vibrer dans Tair

Sa massue effroyable ; • Fuis, dit-il, ou tu vas expier, misérable,

Ton insolence par ta mort!... »

Le satyre s'enfuit, Hercule se reodort*

Un public exigeant du satyre est Vimage :

Il vent que le génie, ainsi que le courage,

Ne se repose qu'au tombeau.

Si chaque jouT n'enfante un prodige nouveau.

Du prodige d'hier il ne vous tient pas compte. Et vos travaux passés, il les prend en escompte

Sur les travaux de l'avenir ;

A lui plaire, en un mot, on ne *peut parvenir.

Page 1