XXIIL - LE DERVICHE ET LE ROL
Un derviche allait faire un long pèlerinage.
Quand la nuit descendit, portant Tombre et l'effroi. Il s'assit pour dormir sous le palais d'un roi. Il posait son manteau, son bâton de voyage.
Quand le roi l'aperçut et lui cria : « Pourquoi Viens-tu sous ce portique ? Il te fallait, crois>moi» Chercher un autre gîte ou poursuivre ta route. Ces murs sont un palais, et non pas, sur ma foi. Un caravensérail... » Le vieillard dit : « Écoute : Combien d'autres ici régnèrent avant toi ?
— Deux cents. — Et, dis-moi, tant de maîtres.
Seigneur, furent tous tes ancêtres ?
— Non, vingt races ont pris la couronne à leur tour,
Et par le peuple élus à la puissance.
Selon que par le crime ou par leur bienfaisance Tous ces rois en ces lieux signalaient leur présence.
Ils farent adorés ou proscrits sans retour. »
Alors le pèlerin s*écrie :
m Des murs où tant de chefs ont passé tour à tour Ne sont pas un palais, c*est une hôtellerie!... »