XIX. — LE LAURIER, LA LYRE ET LE LIERRE
Quelqu'un sur un laurier suspendit une lyre.
Or, quand le souffle du zéphire
Agitait les rameaux, soudain Elle exhalait des sons étranges, fantastiques,
Et dans le même cercle il repasse et repasse. Bientôt, se croyant libre, il se voit dans les airs, Franchissant les cités, les forôts, les déserts, Les peuples de la. terre et les peuples de Tonde. Il allait parvenir jusqu'aux bornes du monde; Tout à coup il s'arrête... On devine aisément Quel dut être aussitôt son désappointement...
Députés, c'est à vous que ma fable s'adresse : Au b&ton du pouvoir hannetons mis en laisse, Vous vous battez les flancs, vous prenez vos ébats, Et dans un cercle étroit vous bourdonnez sans cesse. Est-ce qu'on vit jamais, après vos longs débats. Les affaires du peuple avancer d'un seul pas?