XXVH. — LES DEUX CANARDS
Deux canards barbotaient tout le long d'une mare t « Mon frère, dit Tun d'eux, que dis-tu du mouton?
Quant à moi, je le trouve ignare^
Paresseux, maladroit, poltron,
Car, entre nous, que sait-il faire?
Bêler, brouter, dormir du matin jusqu'au soir,
N'est-ce pas toute son affaire?
Mais parle-moi du singe ; ah ! c'est lui qu'il faut voir ! Dans sa cage il fait sans cesse Mille et mille tours d'adresse...
— Oui, dit l'autre canard, il est plein de savoir ; Mais il n'aime personne, et personne ne l'aime : De la méchanceté c'est le funeste emblème ; Gare à qui loin de lui ne sait pas se tenir!
Le mouton est plus béte, il faut en convenir ; Mais il est estimé de chacun à la ronde ; Il est sensible et doux, et ce pauvre animal
Ne fit jamais le moindre mal. i
le préfère un bon cœur & tout l'esprit du monde.