II. — LE MOUCHERON ET LA MOUCHE
'^îige, craintif, docile aux conseils de sa mère, -^in du feu voltigeait un jeune moucheron.
La chandelle lui dit : « Poltron !
D'un péril idéal, d'une folle chimère
Cesse enfin de t'épouvanter.
Viens au plus tôt, viens habiter Le magique palais que ma flamme environne Des sylphes, des lutins y font une couronne D'azur et de saphir... elle sera pour toi :
Approche, approche... et tu vas être roil • Que fait le moucheron ? Vous le savez d'avance : Ëbloui, fasciné» vers la flamme il s'élance.
Et dans le beau palais il rencontre la mort.
Une mouche était là, vieille prude, et la dame
A l'écart observait le drame.
« Cet insensé, dit-elle, a mérité son sort ; Pourquoi s'envolait-il sur une mèche ardente?
Que la jeunesse est imprudente !... »
Tandis qu'ainsi notre mouche parlait.
Elle voit sur la table un vase plein de lait. « Dans ce nectar, dit la friande.
On trouve plaisir et profit :
Là du moins, il n'est pas de feu qu'on appréhende.., t Mais on peut s'y noyer... et c'est ce qu'elle fit.
Mouches et moucherons, depuis cette aventure. N'évitent pas toujours un semblable accident : L'homme, image de Dieu, sublime créature.
Depuis la chute d'Eve est-il donc plus prudent î
in. — LE FLOT.
Une voix dit au flot : • Pourquoi fuir ces rivages. Ces fleurs, ce sable d'or et ces beaux coquillages? Oh! ne va plus ainsi, sur les mers t'égarant,