‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 100 sur 304 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

La Fortune passa, l'éveilla doucement, Lui disant : Mon mignon, je vous sauve la vie; Soyez une autre fois plus sage, je vous prie. Si vous fussiez tombé, l'on s'en fût pris à moi ;

Cependant c'était votre faute.

Je vous demande, en bonne foi,

Si cette imprudence si haute Provient de mon caprice. Elle part à ces mots.

Pour moi , j'approuve son propos.

Il n'arrive rien dans le monde

Qu'il ne faille qu'elle en réponde :

Nous la faisons de tous écots; Elle est prise à garant de toutes aventures. Est-on sol, étourdi, prend-on mal ses mesures; On pense en être quitte en accusant son sort :

Bref, la Fortune a toujours tort.

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