‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 101 sur 304 · LES MÉDECINS · texte numérisé non relu

LES MÉDECINS

Le médecin Tant-pis allait voir un malade

Que visitait aussi son confrère Tant-mieux.

Ce dernier espérait, quoique son camarade

Soutînt que le gisant irait voir ses aïeux.

Tous deux s'étant trouvés différents pour la cure,

Leur malade paya le tribut à nature ,

Après qu'en ses conseils Tant-pis eut été cru.

Ils triomphaient encor sur cette maladie.

L'un disait : 11 est mort; je l'avais bien prévu.

S'il m'eût cru , disait l'autre , il serait plein de vie.

LA POULE AUX OEUFS d'ûI..

L'avarice perd tout en voulant tout gagner.

Je ne veux , pour le témoigner, Que celui dont la poule , à ce que dit la fable ,

Pondait tous les jours nn œuf d'or. Il crut que dans son corps elle avait un trésor. Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable A celles dont les œufs ne lui rapportaient lien, S'étant lui-même ôté le plus beau de son bien.

Belle leçon pour les gens cbiches !

Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vu Qui du soir au matin sont pauvres devenus.

Pour vouloir trop tôt être riches !

t'^^•E PORTANT DES RELIQUES.

Un baudet chargé de reliques

S'imagina qu'on l'adorait :

Dans ce penser il se carrait, Piccevant comme siens l'encens et les cantique-j.

Quelqu'un vit l'erreur, et lui dit :

Maître baudet, ôtez-vous de l'esprit Une vanité si folle.

r,e n'est pas vous, c'est l'idole A qui cet honneur se rend, Et que la gloire en est due.

D'un magistrat ignorant C'est la robe qu'on salue.

Page 1