LIVRE CINQUIÈME
Tu te vantais d'être si vite !
Qii'as-tu fait de tes pieds? Au moment qu'elle ril, Son tour vient; on la trouve. Elle croit que ses ailes La sauront garantir à toute extrémité ;
Mais la pauvrette avait compté
Sans l'autour aux serres cruelles.
l'aigle et le hibou.
L'aigle et le chat-huant leurs querelles cessèrent,
Et firent tant qu'ils s'embrassèrent.
L'un jura foi de roi, l'autre foi de hibou , Qu'ils ne se goberaient leurs petits peu ni prou '. Connaissez-vous les miens? dit l'oiseau de Minerve. Non, dit l'aigle. Tant pis, reprit le triste oiseau :
Je crains en ce cas pour leur peau :
C'est hasard si je les conserve.
Comme vous êtes roi, vous ne considérez Qui ni quoi : rois et dieux mettent, quoi qu'on leur die,
Tout en même catégorie.
Adieu mes nourrissons , si vous les rencontrez. Peignez-les-moi, dit l'aigle, ou bien me les montrez;
Je n'y toucherai de ma vie.
Le hibou repartit : Mes petits sont mignons, Beaux, bien faits, et jolis sur tous leurs compagnons : Vous les reconnaîtrez sans peine à cette marque. . N'allez pas l'oublier; retenez-la si bien
Que chez moi la maudite Parque
N'entre point par votre moyen.
Il avint qu'au hibou Dieu donna géniture; De façon qu'un beau soir qu'il était en pàlure,
Notre aigle aperçut, d'aventure,
Dans les coins d'une roche dure.
i Ni beaucoup.
Ou dans les trous d'une masure (Je ne sais pas lequel des deux), De petits monstres fort hideux,
Uechignés, un air triste, une voix de 3Icgère.
Ces enfants ne sont pas, dit l'aigle, à notre ami.
Croquons-les. Le galant n'en lit pas à demi :
Ses repas ne sont point repas à la légère.
Le hibou , de retour, ne trouve que les pieds
De ses chers nourrissons, hélas! pour tonte chose.
Il se plaint; et les dieux sont par lui suppliés
De punir le brigand qui de son deuil est cause.
Quelqu'un lui dit alors : N'en accuse que toi, Ou plutôt la commune loi Qui veut qu'on trouve son semblable Beau, bien fait, et sur tous aimable.
Tu fis de tes enfants à l'aigle ce portrait : En avaient-ils le moindre trait?
LE LION S KN ALLANT EN GUEUnE.
Le lion dans sa tète avait une enh'cprise : Il tint conseil de guerre, envoya ses prévois;
Fit avertir les animaux.
Tous furent du dessein, chacun selon sa guise :
L'éléphant devait sur son dos
Porter l'attirail nécessaire.
Et combath-e à son ordinaire;
L'ours, s'apprêter pour les assauts; Le renard, ménager de secrètes pratiques; Et le singe, amuser l'ennemi par ses tours. Renvoyez, dit quelqu'un, les ânes, qui sont lourd? Et les lièvres, sujets à des terreurs paniques. Point du tout, dit le roi ; je les veux employer : Notre troupe sans eux ne serait pas complète.
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