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LE CORBEAU ET LE RENARD

Maître corbeau, sur un arbre perché.

Tenait en son bec un fromage.

3Iaîlre renard, par l'odeur alléché,

Lui tint à peu près ce langage :

Hé! bonjour, monsieur du corbeau, Que vous êtes joli! que vous me semblcz beau!

Sans mentir, si ^otre ramage

Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois. A ces mots le corbeau ne se sent pas de joie ;

Et, pour montrer sa belle voix.

Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le renard s'en saisit, et dit : Mon bon monsieur,

Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l'écoute : Cette leçon vaut bien un fromage , sans doute.

Le corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

LA GRENOUILLE QUI SE VEUT FAIRE AUSSI GROSSE QDE LE BOCrP.

Une grenouille vit un bœuf

Qui lui sembla de belle taille.

Elle , qui n'était pas grosse en tout comme un œuf. Envieuse , s'étend , et s'enfle , et se travaille Pour égaler l'animal en grosseiir;

Disant: Regardez bien, ma sœur; Est-ce assez? dites-moi; n'y suis-je point encore? — Ncnni. — yVy voici donc? — Point du tout. — M'y voilà?

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