‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 113 sur 304 · LE CERF SE VOYANT DANS L'EAU · texte numérisé non relu

LE CERF SE VOYANT DANS L'EAU

Dans le cristal d'une foniainc

Un cerf se mirant autrefois ,

Louait la beauté de son bois ,

Et ne pouvait qu'avecque peine

Souffrir ses jambes de fuseaux.

Dont il voyait l'objet* se perdre dans les eau:^. Quelle proportion de mes pieds à ma tète ! Disait-il en voyant leur ombre avec douleur : Des taillis les plus hauts mon front atteint le faîte :

Mes pieds ne me font point d'honneur.

Tout en parlant de la sorte , Un limier le fait partir.

Il tâche à se garantir; Dans les forêts il s'emporte :

Son bois, dommageable ornement,

L'arrêtant à chaque moment,

Nuit à l'office que lui rendent

Ses pieds, de qui ses jours dépendent.

(1 se dédit alors, et maudit les présents

Que le ciel lui fait tous les ans.

Nous faisons cas du beau, nous méprisons l'utile;

1. L'homme qui couche sur la paille, le paysan. Ce mot n'a plus cette significatica. S. L'image projetée devant lui : objeclus. C'est un latinisme.

Et le beau souvent nous détruit.

Ce cerf blâme ses pieds (\m le tondent agile; Il estime un bois qui lui nuit.

Page 1