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LIVRE SIXIEME

Appelé Qiiimper-Corentin.

On sait assez que le Destin Adresse là les gens quand il veut qu'on enrage.

Dieu nous préserve du voyage !

Pour venir au chartier embourbé dans ces lieux , Le voilà qui déteste et jure de son mieux,

Pestant, en sa fureur extrême , Tantôt contre les trous , puis contre ses chevaux ,

Contre son char, contre lui-même. Il invoque à la fin le dieu dont les travaux

Sont si célèbres dans le monde :

Hercule, lui dit-il, aide-moi; si ton dos

A porté la machine ronde ,

Ton bras peut me tirer d'ici.

Sa prière étant faite, il entend dans la nue

Une voix qui lui parle ainsi :

Hercule veut qu'on se remue , Puis il aide les gens. Regarde d'où provient

L'achoppement qui te retient ;

Ole d'autour de chaque roue Ce malheureux mortier, cette maudite boue

Qui jusqu'à l'essieu les enduit; Prends ton pic, et me romps ce caillou qui te nuit; Comble-moi cette ornière. As-tu fait? Oui, dit l'homme. Or bien je vas t'aider, dit la voix; prends ton fouet. Je l'ai pris... Qu'est ceci? mon char marche à souhait'. Hercule en soit loué ! Lors la voix : Tu vois comme Tes chevaux aisément se sont tirés de là.

Aide-loi, le ciel t'aidera.

156 FABLIiS D1-: LAFONTAINF.

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