‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 125 sur 304 · LA DISCORDE · texte numérisé non relu

LA DISCORDE

La déesse Discorde ayant brouillé les dieux,

Et fait un grand procès là-haut pour une pomme ,

On la fit déloger des cieux.

Chez l'animal qu'on appelle homme

On la reçut à bras ouverts,

Elle et Que-si-que-non, son frère,

Avecque Tien-et-mien , son pért.

Elle nous fit l'honneur en ce bas univers

De préférer noire hémisphère A celui des mortels qui nous sont opposés,

Gens grossiers, peu civilisés.

Et qui, se mariant sans prêtre et sans notaire,

De la Discorde n'ont que faire. Pour la faire trouver aux lieux où le besoin

Demandait qu'elle fût présente

La Renommée avait le soin De l'avertir; et l'autre, diligente, Courait vite aux débats, et prévenait la Paix; Faisait d'une étincelle un feu long à s'éteindre. La Renommée enfin commença de se plaindre

Que l'on ne lui trouvait jamais

De demeure lixe et certaine; Bien souvent l'on perdait, à la chercher, sa peine Il fallait donc qu'elle eût un séjour afleclé, Un séjour d'où l'on pût en toutes les familles

L'envoyer à jour arrêté.

Comme il n'était alors aucun couvent de filles,

On y trouva difficulté.

L'auberge enfin de l'hyménée

Lui fut pour maison assignée.

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