‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 126 sur 304 · LA JEUNE VEUVE · texte numérisé non relu

LA JEUNE VEUVE

La perle d'un époux ne va point sans soupirs : On fait beaucoup de bruit, et puis on se consoic. Sur les ailes du Temps la tristesse s'envole :

Le temps ramène les plaisirs.

Entre la veuve d'une année

Et la veuve d'une journée La différence est grande : on ne croirait jamais

Que ce fût la même personne; L'une fait fuir les gens, et l'aulre a mille ath-ai!s Aux soupirs vrais ou faux celle-là s'abandonne; C'est toujours même note et oareil entretien.

On dit qu'on est inconsolable :

On le dit; mais il n'en est rien,

Comme on verra par cette fable ,

Ou plutôt par la vérité.

L'époux d'une jeune beauté Partait pour l'autre monde. A ses côtés sa femme Lui criait ! Attends-moi, je te suis; et mon àme, Aussi bien que la tienne, est prête à s'envoler.

Le mari fait seul le voyage.

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