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LIVRE SEPTIÈME. 1G

Ceitaine (illc, un peu trop fiùre,

Prétendait trouver un mari Jeune, bien fait, et l)eau, d'agréable manière, Point froid et point jaloux : notez ces deux points-ci.

Cette lille voulait aussi

Qu'il eût du bien , de la naissance , De l'esprit, enfin tout. Mais qui peut tout avoir? Le Destin se montra soigneux de la pourvoir :

11 vint des partis d'importance.

La belle les trouva trop chétifs de moitié : Quoi ! moi ! quoi ! ces gens-là ! l'on radote , je pense. A moi les proposer! hélas! ils font pitié :

Voyez un peu la belle espèce ! L'un n'avait en l'esprit nulle délicatesse ; L'autre avait le nez fait de cette façon-là :

C'était ceci, c'était cela;

C'était tout, car les précieuses

Font dessus tout les dédaigncuscîf.

Après les bons partis , les médiocres gens

Vinrent se mettre sur les rangs.

Elle de se moquer. Ah! vraiment je suis bonne De leur ouvrir la porte! Ils pensent que je suis Fort en peine de ma personne :

Grâce à Dieu , je passe les nuits

Sans chagrin , quoique en solitude.

La belle se sut gré de tous ces sentiments ; L'âge la fit déchoir : adieu tous les amants. Un an se passe, et deux, avec inquiétude : Le chagrin vint ensuite; elle sent chaque jour Déloger quelques Ris, quelques Jeux, puis l'Amor.r;

Puis ses traits choquer et déplaire ;

170 FABLES DE LA FONTAir^E.

Puis cent sortes de fards. Ses soins ne purent faire Qu'elle échappât au Temps, cet insigne larron.

Les ruines d'une maison Se peuvent réparer : que n'est cet avantage

Pour les ruines du visage !

Sa préciosilé' changea lois de langage.

Son miroir lui disait : Prenez vite un mari. Je ne sais quel désir le lui disait aussi : Le désir peut loger chez une précieuse. Celle-ci fit un choix qu'on n'aurait jamais cri!, Se trouvant à la lin tout aise et tout heureuse

De rencontrer un malotru.

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