LA LAITIÈRE ET LE POT AC LAIT
Perrelle, sur sa tète ayant un pot au lait
Bien posé sur un coussinet, Prétendoit arriver sans encombre' à la ville. Légère et court vêtue, elle allait à grands pas, Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile.
Cotillon simple et souliers plats.
Notre laitière ainsi troussée
Comptait déjà dans sa pensée Tout le prix de son lait; en employait l'argent; Achetait un cent d'œufs, faisait triple couvée : La chose allait à bien par son soin diligent.
Il m'est, disait-elle, facile D'élever des poulets autour de ma maison ;
Le renard sera bien habile S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon. Le porc à s'engraisser coûtera peu de son ; Il était, quand je l'eus, de grosseur raisonnabic : J'aurai, le revendant, de l'argent bel et bon. Et qui m'empêchera de mettre en notre étable, Vu le prix dont il est^, une vache et son veau, Que je verrai sauter au milieu du troupeau? Pcrrelte là-dessus saute aussi , transportée : Le lait tombe; adieu veau, vache, cochon, couvée. La dame de ces biens, quittant d'un œil mani-
1. Sans obstacle , sans accident fâcbeni. t. Vil le prii que vant le porc ainsi engraiss: î. Triste, fâché.
. So,<..„..u.
fcU.
\h ÎLAUlFfllE^Ê gî tl [P®î m [LAilîT,