‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 154 sur 304 · Éijicure · texte numérisé non relu

Éijicure

Développe le vrai caché sous l'apparence;

Je ne suis point d'inlelligcnce Avecque mes regards peut-être un peu trop prompts, Ni mon oreille', lente à m'apporter les sons. Quand l'eiiu couibe un bâton, ma raison le redresse :

La raison décide en maîtresse.

Mes yeux, moyennant ce secours, Ne me trompent jamais en me mentant toujours. Si je crois leur rapport, erreur assez commune, Une tète de femme est au corps de la lune. Y peut-elle être? Non. D'où vient donc cet objet? Quelques lieux inégaux font de loin cet effet. La lune nulle part n'a sa surface unie : Montucuse en des lieux, en d'autres aplanie. L'ombre avec la lumière y peut tracer souvent

l'n homme, un bœuf, un éléphoct.

Naguère l'Angleterre y ^it chose pareille. La lunette placée, un animal nouveau

Parut dans cet astre si beau ;

Et chacun de crier merveille.

Il était arrivé là-haut un changement Qui présageait sans doute un grand événement. Savait-on si la guerre entre tant de puissanci^s N'en était point l'effet? Le monarque accourut : Il favorise en roi ces hautes coimaissances. Le monstre dans la lune à son tour lui parut. C'était une souris cachée entre les verres : Dans la lunette était la source de ces guerres. On en rit. Peuple heureux! quand pourront les François Se donner, comme vous, entiers à ces emplois! 3Iars nous fait recueillir d'amples moissons de gloire : C'est à nos ennemis de craindre les combats, A nous de les chercher, certains que la Victoire , Amante de Louis, suivra partout ses pas. Ses lauriers nous rendront célèbres dans l'histoire.

t. >'•. avec mon oieiUe

Page 1