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LIVRE VIII

LA MORT ET LE MOURAUt.

La Morl ne surprend point le sage :

Il est toujours prêt à partir,

S'élant su lui-même avertir Du temps où l'on se doit résoudre à ce passage.

Ce temps, hélas, embrasse tous les temps : Qu'on le partage en jours, en heures, en moments.

Il n'en est point qu'il ne comprenne Dans le fatal tribut; tous sont de son domaine ; Et le premier instant où les entants des rois

Ouvrent les yeux à la lumière

Est celui qui vient quelquclois

Fermer pour toujours leur paupière.

Défendez-vous par la grandeur; Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse;

La Mort ravit tout s;t.is pudeur :

Un jour le monde entier accroîtra sa richesse.

Il n'est rien de moins ignoré;

Et puisqu'il faut que je le die.

Rien où l'on soit moins préparé.

Un mourant, qui comptait plus de cent ans de vie, Se Y)laignait à la 3Iorl que précipitamment Elle le contraignait de partir tout à l'heure,

Sans qu'il eût fait son testament.

Sans l'avertir au moins. Est-il juste qu'on jneure Au pied levé? dit-il : attendez quelque peu ; Ma femme ne veut pas que je parte sans elle ;

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